C'est le procédé le plus traditionnel, le plus long et le plus artistique de fabrication du batik indonésien.

 "Tulis" (prononcer comme "tout lisse") signifie "écrire", cela se réfère au mode d'application de la cire sur le batik, déposée trait par trait sur le tissu,  comme on tracerait des lignes avec un stylo sur du papier.

Pour filer la métaphore, on comparera la feuille blanche au tissu,  l'encre à la cire, et le stylo au canting.

Canting se prononce "tchanting", cet outil est constitué d'un manche de bois au bout duquel est fixé un réservoir de cuivre muni d'un petit tuyau d'où la cire chaude va sortir.
Le motif du batik peut être dessiné préalablement au crayon sur le tissu blanc, avant que les lignes soient recouvertes de cire. 

Ce travail qui demande autant de patience que de délicatesse est généralement réservé au femmes.

Elles s’assoient sur des tabourets très bas entre le tissu posé sur un présentoir et le récipient contenant la cire posé sur un réchaud où elles trempent régulièrement le "tchanting".

D'un côté il faut surveiller la cire pour qu'elle reste à la température qui assure la texture idéale, et de l'autre, maîtriser le flux de la cire sur sur le tissu, variant au fur et à mesure que la cire se refroidit, pour obtenir un trait régulier et précis. Ce savoir faire demande de l'expérience et une grande concentration, j'ai moi-même essayé et réussi à faire de grosses tâches et à me brûler les doigts avec la cire chaude.

La cire doit pénétrer suffisamment pour imprégner les fibres des deux cotés du tissu.

Dans les ateliers de batik, les femmes se regroupent autour du réchaud.

Une fois cette première couche de cire appliquée et séchée, le tissu est trempé dans un bain de teinture, puis mis à sécher.

Si le batik propose plus d'une couleur, ce procédé sera renouvelé autant de fois qu'il y a de couleurs.

Enfin, pour oter toute la cire, le batik est plongé dans un bain d'eau chaude et mis à sécher.

Un batik tulis réalisé dans les règles de l'art doit présenter sur son endroit comme son envers un motif d'une netteté comparable.

Raden Ajeng Kartini, héroïne de la nation indonésienne, pratiquait l'art du batik (ci-dessous, à droite):

Comme les damoiselles de la noblesse autrefois en France filaient et brodaient, celles de la noblesse indonésienne créaient des batiks.
Aujourd'hui le procédé est le même, seuls les réchauds ne sont plus au charbon, et il faut, pour réaliser un batik tulis orné de motifs travaillés et de plusieurs couleurs, près d'un mois de travail.

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